l'Association Recherches Archéologiques Girondines
association loi 1901 à but non lucratif


Sallebruneau, une Commanderie au cœur de l’Entre-Deux-Mers

proche d'un patrimoine architectural et historique de grande valeur





Au cœur de l'Entre-Deux-Mers, à mi-chemin entre Rauzan et Sauveterre-de-Guyenne, dans un paysage vallonné couvert de vignes, se dresse la commanderie hospitalière de Sallebruneau, commune de Frontenac (en Gironde).



La commanderie est constituée par deux édifices accolés : l'église au sud et le château au nord dont le plan s'inscrit dans un quadrilatère a pour dimensions extérieures approximativement : 19,5 mètres sur 24,6 mètres. La disposition du logis au nord est mentionnée à plusieurs reprises dans les commanderies de Saintonge et d'Aunis. Étant donné que cet élément d'architecture a disparu de presque tous les établissements d'Aquitaine, il est difficile d'établir le même constat pour notre région.



Malgré les dommages apportés par les vicissitudes de l'histoire locale : fin de la guerre de Cent Ans, conflits locaux avec les seigneuries voisines et guerres de religion, Sallebruneau est un témoin remarquable de la fin du Moyen Age. L'une des raisons qui justifie les mesures de sauvegarde prises pour Sallebruneau réside précisément dans la présence de ce logis et de ses éléments défensifs d'un grand intérêt.



L'édifice a fait l'objet de trois mesures de protection au titre des Monuments Historiques : l'une de tentative de classement en 1845 puis en 1960 qui ont abouti à l’inscription d’une mention dans le casier archéologique et une inscription à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1985.




L'église

Le plan est simple : une nef unique, rectangulaire. La nef fut séparée du chœur par un arc triomphal retombant sur un faisceau de colonnes dont il reste la base et des chapiteaux intéressants. Le chevet plat, encadré de colonnes engagées dans les murs, est percé de trois fenêtres hautes en plein cintre à double ébrasement. Des restes de peintures sont encore visibles sur l'intrados de l'arc. Près de l'angle sud-ouest du mur sud de la nef, un enfeu associé à un ossuaire fut rajouté sous une niche en arc brisé orné de moulures. Dans la façade occidentale très sombre, sans ornementation, s'ouvre une porte ogivale. Au dessus du portail s'élève le clocher pignon qui est percé de deux baies d'inégale largeur. Sur le mur sud, s'appuient deux contreforts. Le chevet est protégé par trois contreforts presque plats et dans celui situé au centre a été percée la fenêtre axiale du triplet.




Le château

C'est au XVIème siècle, lorsque la nécessité se fit sentir de protéger leurs domaines, que les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem construisent une petite forteresse qui s'appuie sur le flanc septentrional de l'église dont elle a à peu près les dimensions. A l'angle nord-ouest, une tour carrée possède en son rez-de-chaussée une petite porte très basse ouvrant sur une cellule voûtée qui devait servir de cachot. Elle est surmontée de deux étages percés d'archères cruciformes. Deux larges brèches ouvrent les murs nord et ouest. Étant donné que les autres éléments purement défensifs ont été assez bien conservés, on peut suggérer que ces deux destructions correspondent à une décision de démantèlement du château. L'angle nord-est est renforcé par un contrefort saillant servant d'assise à une tourelle hexagonale formant une échauguette.




A proximité de la commanderie, se trouvent un lavoir, un puits, un cimetière et aux alentours, une allée de charmilles, une motte féodale, un réseau souterrain et des maisons assez pittoresques.



Le puits

Si la commanderie n'a révélé aucun point d'eau dans son enceinte, au sud, à proximité du chemin actuel menant au monument, un puits a été construit et a dû servir longtemps à l'approvisionnement en eau du hameau. Il est couronné par une margelle ronde en cinq pierres. Son diamètre intérieur est de 2 mètres et sa profondeur avoisinerait les 12 mètres. Il n’est jamais à sec même lors des plus fortes chaleurs d’été. Il n’y a plus de trace du linteau de pierre auquel la poulie aurait été suspendue




Le lavoir

Une pièce d'eau, située en contrebas par rapport à la commanderie, a été nettoyée à partir de 1990 et ces travaux ont permis de dégager un lavoir. Il est constitué d'un bassin taillé dans la roche mère constituée de calcaire et de grès dolomitique. Il est de forme quadrangulaire et ses côtés sont tous différents. L'un d'eux est maçonné, le second l'est partiellement et comprend un bassin dans lequel s'écoule l'eau d'une source. Le troisième côté correspond à un nivellement du socle rocheux à un niveau supérieur à celui du lavoir. Enfin, le quatrième côté a conservé deux dalles légèrement inclinées vers le lavoir et qui représentent très probablement les éléments subsistants de l'ancienne surface de lavage. Ce lavoir n'a subi aucune des transformations auxquelles ont été très souvent soumises ces installations aux XIX et XXème siècles





Le cimetière

Le sol est parsemé de sarcophages et de tombes dont certaines sont fleuries chaque année. La dernière inhumation remonte en 1976. La forme des sarcophages qu'affecte la cuve de ces coffres offre des différences marquées selon l'époque à laquelle ils remontent. C'est ainsi que jusque vers la fin du VIème siècle les cuves sont massives à bord épais et aussi larges et hautes aux pieds qu'à la tête, tandis que de la fin du VIème jusqu'au VIIIème siècle elles ont leurs bords plus amincis et sont plus étroites et surtout moins élevées aux pieds qu'à la tête



L’allée de charmilles

Ce long tunnel de feuillages, à l’ombre épaisse, tient comme par magie sans support. Un petit pont ouvragé la traverse de part et d’autre. Devenue impraticable suite à l’abandon de son entretien par les villageois, elle fait le bonheur d’une faune très riche dont elle est le refuge privilégié.



Le réseau souterrain

La commune de Frontenac possède le réseau souterrain le plus vaste du département. Découvert en 1950, le Grand Antoine est une immense cavité souterraine formée par trois rivières souterraines de plus ou moins grande importance. La totalité des galeries représente plus de onze kilomètres de développement. Une des trois galeries appelées « galerie Sallebruneau » est accessible par la grande fosse ou la perte de Sallebruneau. Pour la parcourir, il faut cheminer les cent premiers mètres à plat ventre dans l’eau et après deux cent mètres de passage délicat elle devient plus spacieuse. A un endroit précis, elle se partage en deux voies, l’une reste active avec un ruisseau qui implique quelques baignades, l’autre est une galerie sèche avec des fossiles. Puis les deux voies se rejoignent dans une grande galerie qui est le point de jonction avec les autres galeries. Régulièrement, des spéléologues ne viennent s’exercer malheureusement pas toujours dans le respect des règles de protection de l’environnement.


La motte féodale

Elle est située à un kilomètre au sud-ouest de l'édifice par le bord sud du chemin qui conduit à Sainte-Présentine. C'est une enceinte longue de douze mètres sur dix. Le talus mesure sept mètres et le fossé comblé, sauf au sud-ouest, cinq mètres. Il était alimenté par un ruisseau venant du sud. Actuellement, elle a entièrement disparu sous une végétation intense.



Le hameau de Sallebruneau

D'une superficie de 537 hectares et de la dizaine de fermes qui composaient le bourg au siècle précédent, aujourd’hui il n'est reste que quatre. La commune de Sallebruneau a été rattachée à celle de Frontenac en 1965. Lors de la fusion de Sallebruneau avec Frontenac, toutes les archives municipales ont disparu lors d’un banquet de chasseurs.



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