une Commanderie au cœur de l’Entre-Deux-Mers
proche d'un patrimoine architectural et historique de
grande valeur

Au
cœur de l'Entre-Deux-Mers, à mi-chemin entre Rauzan et Sauveterre-de-Guyenne,
dans un paysage vallonné couvert de vignes, se dresse la commanderie
hospitalière de Sallebruneau, commune de Frontenac (en Gironde).
La
commanderie est constituée par deux édifices accolés
: l'église au sud et le château au nord dont le plan s'inscrit dans un
quadrilatère a pour dimensions extérieures approximativement :
Malgré
les dommages apportés par les vicissitudes de l'histoire locale : fin de la
guerre de Cent Ans, conflits locaux avec les seigneuries voisines et guerres de
religion, Sallebruneau est un témoin remarquable de la fin du Moyen Age. L'une
des raisons qui justifie les mesures de sauvegarde prises pour Sallebruneau
réside précisément dans la présence de ce logis et de ses éléments défensifs
d'un grand intérêt.
L'édifice
a fait l'objet de trois mesures de protection au titre des Monuments
Historiques : l'une de tentative de classement en 1845 puis en 1960 qui ont
abouti à l’inscription d’une mention dans le casier archéologique et une
inscription à l'Inventaire supplémentaire des Monuments
Historiques en 1985.

L'église
Le
plan est simple : une nef unique, rectangulaire. La nef fut séparée du chœur
par un arc triomphal retombant sur un faisceau de colonnes dont il reste la
base et des chapiteaux intéressants. Le chevet plat, encadré de colonnes
engagées dans les murs, est percé de trois fenêtres hautes en plein cintre à
double ébrasement. Des restes de peintures sont encore visibles sur l'intrados
de l'arc. Près de l'angle sud-ouest du mur sud de la nef, un enfeu associé à un
ossuaire fut rajouté sous une niche en arc brisé orné de moulures. Dans la
façade occidentale très sombre, sans ornementation, s'ouvre une porte ogivale.
Au dessus du portail s'élève le clocher pignon qui est percé de deux baies
d'inégale largeur. Sur le mur sud, s'appuient deux contreforts. Le chevet est
protégé par trois contreforts presque plats et dans celui situé au centre a été
percée la fenêtre axiale du triplet.

Le château
C'est
au XVIème siècle, lorsque la nécessité se fit sentir de protéger
leurs domaines, que les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem construisent
une petite forteresse qui s'appuie sur le flanc septentrional de l'église dont
elle a à peu près les dimensions. A l'angle nord-ouest, une tour carrée possède
en son rez-de-chaussée une petite porte très basse ouvrant sur une cellule
voûtée qui devait servir de cachot. Elle est surmontée de deux étages percés
d'archères cruciformes. Deux larges brèches ouvrent les murs nord et ouest.
Étant donné que les autres éléments purement défensifs ont été assez bien
conservés, on peut suggérer que ces deux destructions correspondent à une
décision de démantèlement du château. L'angle nord-est est renforcé par un
contrefort saillant servant d'assise à une tourelle hexagonale formant une
échauguette.
A proximité
de la commanderie, se trouvent un lavoir, un puits, un cimetière et aux
alentours, une allée de charmilles, une motte féodale, un réseau souterrain et
des maisons assez pittoresques.
Le puits
Si
la commanderie n'a révélé aucun point d'eau dans son enceinte, au sud, à
proximité du chemin actuel menant au monument, un puits a été construit et a dû
servir longtemps à l'approvisionnement en eau du hameau. Il est couronné par
une margelle ronde en cinq pierres. Son diamètre intérieur est de
Le lavoir
Une
pièce d'eau, située en contrebas par rapport à la commanderie, a été nettoyée à
partir de 1990 et ces travaux ont permis de dégager un lavoir. Il est constitué
d'un bassin taillé dans la roche mère constituée de calcaire et de grès
dolomitique. Il est de forme quadrangulaire et ses côtés sont tous différents.
L'un d'eux est maçonné, le second l'est partiellement et comprend un bassin
dans lequel s'écoule l'eau d'une source. Le troisième côté correspond à un
nivellement du socle rocheux à un niveau supérieur à celui du lavoir. Enfin, le
quatrième côté a conservé deux dalles légèrement inclinées vers le lavoir et
qui représentent très probablement les éléments subsistants de l'ancienne
surface de lavage. Ce lavoir n'a subi aucune des transformations auxquelles ont
été très souvent soumises ces installations aux XIX et XXème siècles
Le cimetière
Le
sol est parsemé de sarcophages et de tombes dont certaines sont fleuries chaque
année. La dernière inhumation remonte en 1976. La forme des sarcophages
qu'affecte la cuve de ces coffres offre des différences marquées selon l'époque
à laquelle ils remontent. C'est ainsi que jusque vers la fin du VIème
siècle les cuves sont massives à bord épais et aussi larges et hautes aux pieds
qu'à la tête, tandis que de la fin du VIème jusqu'au VIIIème
siècle elles ont leurs bords plus amincis et sont plus étroites et surtout
moins élevées aux pieds qu'à la tête
L’allée de charmilles
Ce
long tunnel de feuillages, à l’ombre épaisse, tient comme par magie sans
support. Un petit pont ouvragé la traverse de part et d’autre. Devenue
impraticable suite à l’abandon de son entretien par les villageois, elle fait
le bonheur d’une faune très riche dont elle est le refuge privilégié.
Le réseau
souterrain
La commune de Frontenac
possède le réseau souterrain le plus vaste du département. Découvert en 1950,
le Grand Antoine est une immense cavité souterraine formée par trois rivières
souterraines de plus ou moins grande importance. La totalité des galeries
représente plus de onze kilomètres de développement. Une des trois galeries
appelées « galerie Sallebruneau » est accessible par la grande fosse
ou la perte de Sallebruneau. Pour la parcourir, il faut cheminer les cent
premiers mètres à plat ventre dans l’eau et après deux cent mètres de passage
délicat elle devient plus spacieuse. A un endroit précis, elle se partage en
deux voies, l’une reste active avec un ruisseau qui implique quelques
baignades, l’autre est une galerie sèche avec des fossiles. Puis les deux voies
se rejoignent dans une grande galerie qui est le point de jonction avec les
autres galeries. Régulièrement, des spéléologues ne viennent s’exercer
malheureusement pas toujours dans le respect des règles de protection de
l’environnement.
La motte féodale
Elle
est située à un kilomètre au sud-ouest de l'édifice par le bord sud du chemin
qui conduit à Sainte-Présentine. C'est une enceinte longue de douze mètres sur
dix. Le talus mesure sept mètres et le fossé comblé, sauf au sud-ouest, cinq
mètres. Il était alimenté par un ruisseau venant du sud. Actuellement, elle a entièrement
disparu sous une végétation intense.
Le hameau de Sallebruneau
D'une superficie de